Il y a un petit texte, tiré du dictionnaire impertinent de la gastronomie, que j’aimerais bien partager car je trouve qu’il situe bien les choses, suffisamment en tout cas pour entériner certains amalgames qui définissent l’agriculture bio comme utopiste.

« BIO
 LOGIQUE

La plus belle lapalissade des temps modernes, car tout était bio avant de ne plus l’être. Disons que, jusqu’à la seconde guerre Mondiale, l’agriculture reposait uniquement sur la force de travail manuelle et mécanique. Telle était la norme avant que l’on remplace la force physique par la force chimique.
Pour produire davantage en moins de temps sur une surface réduite, il a fallu remplacer les bras par des molécules et l’espace par de la technologie.
Il y avait beaucoup de bouches à nourrir et urgence à satisfaire une demande sans cesse croissante.
Toujours plus d’engrais, toujours plus de pesticides, toujours plus de rendements, au point d’abimer la planète.
Inquiets de cette prolifération chimique dans les sols et les aliments, des hommes se sont dits qu’il devenait urgent de produire autrement.
Le bio n’est donc pas une amélioration du goût et de la qualité, mais le non-recours à des substances et des procédés nuisibles à la Terre et à l’Homme ; un choix de société et de système économique différent. Il ne s’agit pas de renoncer à nourrir la planète, mais de le faire en la préservant.
Le bio n’est pas meilleur, il limite le danger. Une idée apparue à la fin du XIXème siècle quand certaines observateurs s’inquiètent des conséquences futures de la révolution industrielle. Ils se doutaient bien que la ressource naturelle s’épuisant, il faudrait lui substituer des substances artificielles.
Jusqu’au jour où l’abus de ces substances s’est mis à modifier l’écosystème minéral, végétal, animal et humain.
Le bio n’est donc pas autre chose que la normalité culturale.
Reste à répondre à la question : peut-on donner à manger à tous le monde sur la base d’une agriculture respectueuse de la nature? Il semblerait que oui, mais cela remettrait en cause de gigantesques intérêts financiers et entrinerait une refonte totale de l’économie agricole mondiale.
Pour autant, le comportement dogmatique de certaines défenseurs du bio, est le pire service qu’ils puissent rendre à cette cause »

Proposé par Nathalie P - La Ferme du Pérouty