

J’ai voyagé en famille, porté par la mer et par le temps. De Méditerranée en Atlantique, jusqu’aux rivages de l’Afrique noire, j’ai appris à regarder le monde comme on écoute un souffle — lent, imprévisible, vivant.
Aux Antilles, j’ai retrouvé la mer, la Corse m’a appris la mémoire. J’y ai dessiné la vie d’autrefois, les visages des saisons.
L’Antarctique avec Isabelle Autissier m’a appris d’autres silences et chaque lieu a laissé en moi une couleur, une phrase, une trace, une marque indélébile. Autodidacte dans tout ce que j’entreprends, j’ai avancé au gré des vents et des envies, sans autre école que celle des rencontres et des horizons. Comme pour tout voyageur, les rencontres restent éphémères — comme la vie. Elles traversent, elles éclairent, puis s’éloignent, laissant derrière elles un éclat, une mémoire douce, une envie de recommencer à voir, à raconter, à écouter.
Dans mes peintures et mes illustrations, il n’y a pas de chronologie : seulement des passages, des éclats, des émotions en dérive. Ce sont les fragments d’un carnet sans fin, où l’horizon se déplace sans jamais s’effacer. Ce livre n’est pas un récit de voyage, mais une résonance — celle d’un regard libre, en mouvement, attentif à la lumière du monde et à ce qu’elle laisse derrière elle.