PROLONGATION DE L’EXPOSITION      jusqu’au 31 Janvier

« Médiathèque » et « Amis du Pays de Bourdeaux « 

La conception de l’exposition :
Les figures et les thèmes abordés dans l’exposition permettent à la fois de se
plonger dans la micro-histoire et de proposer quelques observations de portée
plus générale.
Les fiches et archives se rapportant à des inculpés, insurgés ou non, suggèrent
d’abord une appartenance à des couches sociales variées. Des notables sont bien
présents. Oscar Vernet est notaire, maire et conseiller général. Son frère, Ernest,
est employé au parquet d’Alger.
À côté des notables, on trouve une catégorie très présente durant l’insurrection,
celle des artisans et petits commerçants. Etienne Patonnier, cordonnier, Jean
Pierre Lienard menuisier, François Argence boulanger se sont mêlés à la foule en
mouvement vers Crest le 7 décembre.
Le panneau des cartes et mouvements de l’insurrection ajoute des éléments très
intéressants. À Bourdeaux même, les cafés, les lieux publics, les places ont favorisé
le rassemblement des insurgés de la commune, puis de ceux des alentours, peut-être
alertés par les tocsins, ou bien venus d’autres cités (Dieulefit, Mornans). Plusieurs
interrogatoires confirment l’attraction exercée par les bourgs sur les campagnes.
Des historiens contemporains nous mettent en garde : les proportions de notables
et artisans ont été exagérées sous la IIIe République, au détriment des paysans.
Ils représentent tout de même 51% des interrogés par la Commission mixte, les
notables moins de 4%.
Les historiens ont cherché à savoir, en réalisant des cartes des rassemblements
et des mouvements, en consultant les interrogatoires, si cette insurrection était
organisée ou dirigée. En majorité, ils répondent par la négative. Ni les sociétés
secrètes, ni des chefs reconnus n’ont guidé les insurgés. Abandonnés à eux-mêmes,
beaucoup ont nié avoir consciemment pris les armes et assuré qu’ils s’étaient laissé
entraîner par la foule (Patonnier).
Cela n’a pas nui à la figure exemplaire de l’insurgé républicain, tel qu’il réapparaît
sous la IIIe République avec le roman de Jules Vallès, L’Insurgé-1871, publié en
1886, et tel qu’il est représenté à Crest plus tard.
Bernard Delpal